Encadrer la recherche au sein de la filière

Katia Iglesias, professeure HES associée, gère la team « Enseignement à la Recherche », qui vise à intégrer les aspects de la recherche appliquée dans l’enseignement de la filière. Rencontre.
Quelles sont les spécificités, thèmes et composition de votre équipe ?
Notre team OS est responsable de l’enseignement de la recherche dans la filière d’ostéopathie. Elle réunit des expertises complémentaires, tant de recherche que de clinique. Lea Awai (PhD, neurosciences) et moi-même (PhD, psychologie et statistiques), professeures HES associées, Manon Dobler (MSc ostéopathe) et Nicole Egli Anthonioz (PhD, sciences forensiques et statistiques), maîtres d’enseignement HES, ainsi que Stéphane Kaczorowski, collaborateur scientifique HES (ostéopathe), composons une équipe bilingue, couvrant la méthodologie, le transfert clinique, l’éthique, la protection des données et la supervision.
Quelles sont vos activités ainsi que vos missions ?
En formation initiale, notre équipe assure 40 crédits ECTS en Bachelor et Master dans les modules couvrant méthodologie, revue systématique, transfert clinique ainsi que l’élaboration et la réalisation de travaux de Bachelor et de Master. Plus spécifiquement, la formation Master en ostéopathie permet de créer des ponts entre la formation initiale, la recherche et la pratique. Dans ce sens, nous collaborons avec des chercheuses internationales et chercheurs internationaux et proposons aux étudiant·es pour leurs travaux de Master des thématiques cadres telles que « Evidence Based Practice chez les ostéopathes » avec Mathieu Ménard (PhD, chercheur en France), « Positionnement sur les modèles en ostéopathie crânienne » avec Marco Gabutti, enseignant dans la filière, « Santé mentale et physique des policières/policiers » avec Véronique Jaquier Erard, PhD et membre de la R&I ou « Faisabilité d’une intervention ostéopathique » avec David Hohenschurz-Schmidt (PhD, chercheur au Royaume-Uni.
En formation continue, nous proposons des cours visant une pratique éclairée : lecture critique, analyse méthodologique et transfert vers la clinique. En prestations de service, nous évaluons, depuis 2020, les compétences scientifiques des candidat·es à la reconnaissance de diplômes étrangers pour la Croix-Rouge suisse. Cette prestation représentait plus de 35 dossiers l’année dernière.
Comment ce travail développe-t-il votre domaine de profession ?
L’équipe a élaboré collectivement les modules de recherche du cursus et développé des outils internes, tels que des templates de protocole et manuscrit, des grilles de correction ou des procédures éthiques. Nous encadrons les travaux de Bachelor et de Master et participons à toutes les défenses.
Quels sont les tâches et les défis auxquels vous faites face ?
Notre enjeu principal concerne le développement de profils mixtes clinicien-chercheur. Nous faisons également face à plusieurs défis : une charge de supervision fluctuante selon les années, la nécessité de maintenir un double travail en raison du bilinguisme, et la transition vers une pratique éclairée par les preuves, qui progresse grâce au renforcement des liens entre enseignements cliniques et méthodologiques. Par ailleurs, la Swiss Osteopathy Science Foundation et la Fédération Suisse d’Ostéopathie (FSO) soutiennent le développement de la recherche en ostéopathie au sein de la filière.
Comment voyez-vous le futur de votre profession ?
Nos ancien·nes étudiant·es et nos collègues ostéopathes lisent de plus en plus d’articles scientifiques et utilisent ces connaissances pour nourrir leur pratique, comme en témoignent leurs demandes régulières de journal club et de soutien méthodologique. À l’international, notamment au Royaume-Uni et en Australie, la place de la recherche en ostéopathie continue de progresser.
Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans vos activités ?
Nos priorités sont d’aiguiser la curiosité des étudiant·es et de renforcer leur esprit réflexif, afin de les soutenir dans l’exploration des données scientifiques pour les transférer vers leurs patient·es.