Groupe thématique soins dans la chronicité et en gérontologie

Le groupe thématique « Soins dans la chronicité et en gérontologie » se consacre particulièrement aux soins à la personne de tout âge atteinte de pathologie chronique ou de maladie non transmissible. Retour sur les réflexions menées en commun par ce groupe lors d’un après-midi extramuros.
Quelles sont les spécificités, thèmes et composition de votre équipe ?
Le groupe thématique (GT) est composé de 15 personnes, âgées de 30 à 62 ans, toutes formées initialement comme infirmière ou infirmier. Chacun·e d’entre nous dispose de différentes spécialisations telles que la gériatrie, l’oncologie, les soins palliatifs, la spécialisation liée aux plaies, le soutien à l’autogestion, les soins intégratifs et complémentaires ou la sexologie. Ces spécialisations sont complétées par un titre académique universitaire (Master ou PhD).
Notre expérience et expertise clinique sont riches et portent sur les soins lors de pathologies variées telles que le diabète, le cancer, les situations palliatives, les insuffisances cardiaques, les atteintes neurologiques ou les démences et cela dans différents contextes hospitaliers ou de réadaptation, ambulatoires, à domicile ou en lieux de vie. La qualité de vie, la fragilité, la transition, la complexité, le parcours de vie, la trajectoire, la continuité de soins, l’incertitude, la permanence, la rupture, la durée, l’autogestion, la relation… sont des concepts des sciences infirmières et des notions sur lesquelles se basent nos enseignements et nos contributions aux autres missions académiques.
Quelles sont vos activités ainsi que vos missions ?
Nous enseignons en formation initiale de niveau Bachelor, intervenons dans diverses formations continues ou postgrades, réalisons des prestations de services pour des organismes ou institutions de soins, ainsi que, pour certains membres du GT, participons ou menons des projets de recherche. Nous suivons les étudiant·es en stage de formation pratique notamment dans les terrains en lien avec nos expertises, comme les unités de médecine, les centres de réadaptation, les EMS, les soins à domicile, les centres ambulatoires (diabétologie, ligues de santé, hémodialyse, oncologie) ou les unités de soins palliatifs du canton de Fribourg ou plus largement en Suisse. Deux d’entre nous ont été impliqués dans le développement du HUB InnoSanté. Ils y encadrent maintenant les étudiant·es en stage. Enfin, nous participons comme superviseur·es en soins infirmiers à la Consultation Santé Mozaïk (CoSaMo).
Comment ce travail développe-t-il votre domaine de profession ?
Les enseignements consacrés aux sciences infirmières, à l’Evidence Based Nursing (EBN), au travail de Bachelor, à l’éthique, au droit de la santé, ainsi que l’intégration des données de la recherche, des nouvelles technologies contribuent au développement de la profession infirmière. L’accent mis sur la collaboration interprofessionnelle dans nos enseignements ou activités participe aussi au développement académique de la profession infirmière. L’implication des collègues du GT dans différents travaux de recherche, leurs présentations lors de congrès ou de symposium et la publication d’articles dans des revues scientifiques y contribuent aussi. La participation aux travaux de la Fondation suisse de cardiologie ou comme membre de l’Association suisse pour les sciences infirmières (APSI) ou de ses différentes commissions, ainsi qu’à des associations professionnelles telles que Soins en oncologie, Palliative FR, Palliative.ch ou les Ligues de santé, permet de développer le profil de la profession infirmière en clinique, dans la formation, la recherche et le management. Le développement et la participation de nos collègues du GT à une consultation infirmière centrée sur le soutien à l’autogestion, la santé au travail ou à l’évaluation de la santé de la personne âgée au sein du HUB InnoSanté contribuent également à l’évolution de la pratique infirmière.
Quels sont les tâches et les défis auxquels vous faites face ?
Un défi que nous relevons est de continuellement adapter nos contenus de cours aux données épidémiologiques concernant l’état de santé de la population, aux nouveaux défis sanitaires et technologiques relevant de la gestion des maladies chroniques, aux dernières recommandations de bonnes pratiques et aux changements de notre système de santé, pour que nos étudiant·es développent des compétences fondées sur des connaissances actuelles et proches de la clinique.
De plus, chacune et chacun a été confronté·e à des défis particuliers cette année 2025.
Comment voyez-vous le futur de votre profession ?
Dans un contexte de numérisation de la santé et dans la perspective de la santé globale, nous devons veiller à développer nos compétences de formateurs et formatrices en soins infirmiers. Ainsi, nous pouvons susciter la curiosité des étudiant·es et leur réflexivité, notamment face aux enjeux de l’intelligence artificielle, et renforcer leurs savoirs en éthique. Ensemble, nous travaillons également à maintenir des soins de qualité, à promouvoir des conditions de travail favorables pour les professionnel·les de santé actuel·les et futur·es, à renforcer notre système de santé et à assurer une reconnaissance durable de la profession infirmière.
Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans vos activités ?
Nous visons à continuer à promouvoir l’importance des relations humaines, à adopter une approche centrée sur la personne. Il nous tient également à cœur de préserver la place de l’humain dans un monde où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place. Enfin, nous nous efforçons de réduire la distance entre la théorie et la pratique, à rester proche de la réalité des soins, à continuer à innover et à être créatifs afin de soutenir la motivation et la responsabilisation des futur·es professionnel·les de la santé.